Dix ans après son achat, la CCAS décide, à la voix prépondérante du président du Conseil d’administration, de revendre la majeure partie de la CIAT (Compagnie Internationale André Trigano), que constitue Campéole, l’usine de fabrication des toiles de tente ayant déjà été revendue 1€, avec la reprise des dettes et du personnel. À ce jour, il ne reste que l’agence de réservations, qui servira à peu de choses, mais qui continuera à générer des déficits.

En 2009, la CCAS achetait la CIAT pour 82 millions d’euros. Dans les dix ans suivants, la CCAS a réinjecté 120 millions d’euros, soit un total de 202 M€. C’est une catastrophe économique, car après la vente, la CCAS n’aura même plus les moyens de rembourser les 34 millions d’euros pris dans les réserves des C.A.S. lors de l’achat. Comment s’étonner alors, qu’il ne reste plus que 21€ par bénéficiaires et par an pour subventionner des activités sociales en proximité, comme à la C.A.S de Lyon.

Enfin un petit rayon de soleil… mais à quel prix ! Pour résorber les excédents de la CAMIEG (Caisse d’assurance maladie des industries électriques et gazières), les cotisations employeurs, salariés et  retraités (solidarité entre actifs et retraités), vont baisser sur les trois prochaines années. Mais l’Etat va ponctionner 175 millions d’euros de ces excédents, 40 sur la section des actifs et 135 sur celle des retraités.

Pour la deuxième fois, la CAMIEG renfloue la sécurité sociale qui avait déjà récupéré 176 millions d’euros en 2014. Cette gestion de la CAMIEG ne va pas dans l’intérêt des agents actifs et retraités. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il n’y a pas de bonne gestion quand les déficits se succèdent comme à la CCAS, ou que les excédents s’accumulent comme à la CAMIEG. Pour cette dernière, même le système de cotisations solidaires entre actifs et retraités est discutable, car le taux de cette cotisation est égal pour tous. Ainsi, un salarié avec un petit salaire cotise solidairement pour un retraité ayant une grosse pension. Avec ce principe de cotisations, le mot solidaire pour les bas salaires, est dévoyé… il est beau à l’affichage !

Il y aura tout de même au final, 4 à 5 millions de ces excédents qui serviront à l’amélioration des prestations en optique. Il est temps de calibrer de façon pérenne, le montant des cotisations en rapport avec les dépenses de santé, pour atteindre des remboursements corrects pour les agents actifs, retraités et leurs familles. En attendant, le but n’est pas atteint et la méthode est discutable. Ce sont ici, les limites d’un régime particulier dont le pilotage et les décisions nous échappent, et ce, malgré la représentation des salariés.

Covid 19 est devenue un mot récurrent, un mot à la fois ordinaire et inquiétant, qui va marquer l’année 2020. En ces temps de crises, où les annonces régulières du gouvernement apportent confusions et difficultés, nous devons avancer ensemble. Deuxième vague ou pas, appelons ça comme on veut, protégez-vous, protégez vos proches et les autres, seul un esprit civique et responsable, l’utilisation d’un masque et des gestes barrières, éviteront la saturation des hôpitaux.

Suite à cette pandémie, les annulations de vacances ont été nombreuses et les remboursements tardent beaucoup trop. Je vais intervenir auprès des deux présidents (CCAS et Comité de coordination), afin que des moyens soient mis en œuvre au niveau national, pour résorber ces retards.

Avant de tourner la page de cette année 2020 si particulière et d’ouvrir le chapitre 2021, je souhaite remercier vivement les professionnels et bénévoles de la C.A.S. de Lyon, qui ont malgré tout fait vivre nos activités, afin de nous apporter toujours plus d’équité et de solidarité.

Je vous souhaite d’excellentes Fêtes de fin d’année !

Agnes GRANGER

Présidente du Conseil d'administration de la C.A.S. de Lyon

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