Si les collectivités locales sont propriétaires des réseaux de distribution publics, Enedis en est le concessionnaire et doit avoir les moyens de ses missions. EDF doit dans les années à venir, investir, mais durant 20 ans l’État français a soutiré des sommes excessives de la trésorerie d’EDF et la récente recapitalisation de 3 milliards de 2017, est loin de solder le passif. L’empêchant ainsi de reconstituer des réserves suffisantes, ce qui aurait légitimement permis d’investir.

Demain nous aurons HERCULE, projet de restructuration du groupe EDF. Pour l’intersyndicale, la priorité d’EDF doit être son projet industriel et social guidé par l’intérêt général. Je vous invite à suivre les communiqués des différentes organisations syndicales qui ne manqueront pas de vous informer. Mais aussi de faire le tri entre l’alarmisme et le réalisme, surtout en période électorale, avec les IRP en Novembre. Analysez aussi le risque de voir notre statut détricoté par des appétits financiers qui s’assoient sur le service public, car comme d’habitude, ce qui coûte revient à l’Etat et nos impôts, alors que ce qui rapporte revient aux actionnaires.

Ceci ne doit pas cacher les résultats financiers de nos activités sociales nationales. L’arrêté des comptes 2018 de la CCAS au niveau national, fait apparaître un déficit d’exploitation de plus de 30 millions d’euros, malgré un apport supplémentaire de 7,599 Millions d’euros par les employeurs pour la restauration méridienne, et alors que le nombre de repas servis est en constante diminution. Vous êtes nombreux à ne pas bénéficier du financement des employeurs pour votre restauration.

Cette année encore les charges dépassent la dotation, le budget de la CCAS alloué par le comité était de 305,910 millions d’euros, pendant que les charges d’exploitation de 2018 sont de 331,638 millions d’euros. Malgré les efforts qui sont réalisés et qu’il serait malhonnête de nier, rien n’y fait, l’arrêté des comptes est continuellement déficitaire ! C’est la preuve que ce système de gestion est obsolète. Quelle entreprise peut se permettre d’avoir plus de charges que de recettes, pendant des années ?

En 2019 encore, moins de 20% de bénéficiaires affectés en période haute. Il faut que les 80 % de bénéficiaires ne partant pas pour diverses raisons, sur notre réseau gardent l’espoir. Je reste persuadée que la CCAS ne pourra pas les ignorer indéfiniment et qu’elle proposera dans un futur que j’espère proche, une aide aux vacances pour tous.

Sur l’Action Sanitaire et Social, le bilan est tout aussi consternant. Pour mémoire, le niveau du budget de l’ASS a été de 30 millions d’euros, pour passer à 9,4 en 2018 et 4,8 en 2019. C’est grâce à ce fonds qu’était géré le dispositif IME, Indemnités de Moyens d’Existence, qui concernait les collègues en longue maladie. Il sera complétement arrêté fin 2019. L’arrêt du dispositif IME, avec la liquidation des dossiers de longue maladie au bout de 3 ans contre 5 ans auparavant, est la conséquence d’une décision dite « gagnant / gagnant » des employeurs, en vue de permettre au gestionnaire des Activités Sociales d’économiser près de 10 Millions d’euros par an à partir de 2020. La baisse de cet engagement se fait donc sentir dans le suivi du Fonds d’Action Sociale, mais il n’explique pas à lui seul, l’effondrement global constaté.

En juillet 2018, la CCAS signe l’arrêt du CESU Petite Enfance et tente de minimiser les conséquences financières sur les familles en adoptant, fin janvier 2019, un dispositif dit : « Aide Familiale à la Petite Enfance ». Ce dispositif n’est rien d’autre qu’un artifice supplémentaire pour masquer ce qui ne peut plus l’être. L’aide CESU pouvait atteindre près de 1500 euros par enfant. L’Aide Familiale à la Petite Enfance est désormais plafonnée entre 150 euros et 400 euros par ouvrant-droit !

Bénéficiaires de la C.A.S. de Lyon, vous pouvez cumuler cette aide avec les chèques CESU que nous subventionnons, à commander sur notre site.

Un constat : les économies au niveau national se font bien aussi, sur le dos des familles et de la solidarité !

Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente reprise de vos activités.

Agnès GRANGER

Présidente du Conseil d’Administration de la C.A.S. de Lyon